Le Dernier Homme Johann Rivat

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Johann Rivat (pour Le Quotidien de l'Art ) – Anthony Lenoir – mars 2016.

Aujourd'hui on ne brûle pas les instruments (1). Pourtant, il y a un an, ils s'embrasaient au nom d'une divinité et les photographies d'hommes encagoulés devant ce tas faisaient le tour des médias.
Dans La mélodie de Dieu, coupés de leur contexte, les tambours flambent dans une forme pyramidale caractéristique de la peinture sacrée. Le geste et la technique reprennent leurs droits sur l'image. L'huile produit les couleurs et la matérialité nécessaire à la composition pour exister en tant que peinture et non comme archive.
Dans ses grands formats peints comme dans ses dessins au graphite, Johann Rivat développe une imagerie issue de notre quotidien. Les compositions sont familières et les sujets connus mais une identification précise est impossible. Ce n'est pas l'événement qui intéresse l'artiste mais plutôt la posture de l'homme. Une fois l'image sélectionnée, il la recompose et la décontextualise pour dépasser la notion de discours et l'ouvrir au propos personnel sur l'universel. Avant d'être groupe, l'homme est une individualité qui se dresse par ses choix et ses actes.
Pour Johann Rivat, la peinture est l'objet de sa résistance ; avant qu'un jour, on ne finisse par brûler les pinceaux.

1/ Pour ouvrir Fahrenheit 451, Ray Bradbury écrit ces mots : « Aujourd’hui on ne brûle pas les livres ».

Pour l’exposition “Le Dernier Homme” au Centre d’Art de Flaine, Johan Rivat présente pour la première fois ce tableau qui donne son nom à l’exposition, ainsi que le triptyque “La Brute”. Sans oublier une série de dessins et gravures et le retour à Flaine de «Monument#1» et «Monument#2».

Un entretien réalisé en janvier 2017 par le commissaire Anthony Lenoir complète le portrait de l’artiste et son travail - Lire l'article

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